HISTOIRE DES THEORIES LINGUISTIQUES


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 =====Présentation===== =====Présentation=====
  
-Laboratoire dirigé par Emilie Aussant et Christian Puech+**[[laboratoire:​presentation|Français]] | [[laboratoire:​presentation-en|English]]**
  
-Le laboratoire d’Histoire ​des Théories Linguistiques ​a été créé en 1984 (URA 381 du CNRS, directeur ​: J.-C. Chevalier) ; il a été renouvelé en 1988 (directeur ​: J.-C. Chevalier) et en 1992 (directeur ​: S. Auroux), puis a été transformé en UMR (Unité Mixte de Recherche 7597, CNRS/​Université Paris VII/ENS Lettres et Sciences Humaines, Lyon) en 1997. Ses tutelles actuelles sont le CNRS, l’Université Paris Diderot et l’Université de la Sorbonne Nouvelle (depuis 2009). La direction du laboratoire est assurée par Émilie Aussant ​(CR CNRS, directrice depuis janvier ​2014, succédant à Sylvie Archaimbault) et Christian Puech (PU Univ. de la Sorbonne Nouvelle, directeur adjoint).+Le laboratoire d’histoire ​des théories linguistiques ​a été créé en 1984 (URA 381 du CNRS, dir. : J.-C. Chevalier) ; il a été renouvelé en 1988 (dir. : J.-C. Chevalier) et en 1992 (dir. : S. Auroux), puis a été transformé en UMR (Unité Mixte de Recherche 7597, CNRS/​Université Paris VII/ENS Lettres et Sciences Humaines, Lyon) en 1997. Ses tutelles actuelles sont le CNRS, l’Université Paris Diderot et l’Université de la Sorbonne Nouvelle (depuis 2009). La direction du laboratoire est assurée par Anne Grondeux ​(DR CNRS, directrice depuis janvier ​2019, succédant à Emilie Aussant) et Jean-Marie Fournier ​(PU Univ. de la Sorbonne Nouvelle, directeur adjoint).
  
-Le laboratoire relève de la section 34 du CNRS. Il participe aux actions fédératives de recherche suivantes : la Fédération de recherche Typologie et Universaux Linguistiques (TUL) du CNRS ; l’Infrastructure de recherche CORPUS du MESR (Consortium Corpus Écrits) ; l’Institut des Humanités de Paris et son Centre d’Études de la Traduction ; le Labex Empirical Foundations of Linguistics (EFL). 
  
 1) **Les objectifs du laboratoire** 1) **Les objectifs du laboratoire**
  
-Le laboratoire est le lieu d’élaboration et de diffusion des recherches sur l’histoire des conceptions du langage et des langues. Il couvre de nombreuses aires culturelles et rassemble principalement des linguistes, spécialistes de langues variées ( allemand, anglais, arabe, espagnol, français, grec, hébreu, italien, islandais, khaling rai, koyi rai, langues slaves, latin, ​mayalam, persan, portugais du Brésil, sanskrit, tagalog, tamoul, thulung rai), ainsi que des historiens et des philosophes.+Le laboratoire est le lieu d’élaboration et de diffusion des recherches sur l’histoire des conceptions du langage et des langues. Il couvre de nombreuses aires culturelles et rassemble principalement des linguistes, spécialistes de langues variées ( allemand, anglais, arabe, espagnol, français, grec, hébreu, italien, islandais, khaling rai, koyi rai, langues slaves, latin, ​malayalam, persan, portugais du Brésil, sanskrit, syriaque, tagalog, tamoul, thulung rai), ainsi que des historiens et des philosophes.
  
-Au plan international,​ le laboratoire est au cœur d’un dispositif qu’il a contribué à créer et qu’il s’attache à faire vivre et prospérer. Ses principales coopérations sont menées avec l’Allemagne (Univ. de Potsdam), l’Australie (Univ. de Sydney), le Brésil (Univ. de Sao Paulo, de Campinas, Univ. Mac Kenzie), l’Espagne (Univ. de Salamanque, de Barcelone), les États-Unis (Univ. d’Illinois à Urbana Champaign), l’Inde (EFEO, ​IIT Bombay, IIT Kanpur), l’Italie (Univ. La Sapienza, Univ. de Brescia, de Salerne, de Cosenza, de Palerme, la Scuola Normale de Pise), le Royaume Uni (Univ. de Cambridge, d’Oxford, de Sheffield), la Russie (Académie des Sciences, Univ. de Moscou, Univ. de Saint-Pétersbourg),​ la Slovénie (Univ. de Novy Sad), l’Ukraine (Univ. de Kharkiv). La revue HEL est l’une des quatre principales revues mondiales dans le domaine avec Historiographia linguistica (John Benjamins), ainsi que les BGS (Münster) et Language & History (Londres).+Au plan international,​ le laboratoire est au cœur d’un dispositif qu’il a contribué à créer et qu’il s’attache à faire vivre et prospérer. Ses principales coopérations sont menées avec l’Allemagne (Centre for the Study of Manuscript Cultures d'​Hambourg,​ Université ​de Potsdam), l’Australie (Univ. de Sydney), le Brésil (Univ. de Sao Paulo, de Campinas, Univ. Mac Kenzie), l’Espagne (Univ. de Salamanque, de Barcelone), les États-Unis (Univ. d’Illinois à Urbana Champaign), l’Inde (EFEO, ​Institut Français de Pondichéry, IIT Bombay), l’Italie (Univ. La Sapienza, Univ. de Brescia, de Salerne, de Cosenza, de Palerme, la Scuola Normale de Pise), le Royaume Uni (Univ. de Cambridge, d’Oxford, de Sheffield), la Russie (Académie des Sciences, Univ. de Moscou, Univ. de Saint-Pétersbourg),​ la Slovénie (Univ. de Novy Sad), l’Ukraine (Univ. de Kharkiv). La revue HEL est l’une des quatre principales revues mondiales dans le domaine avec Historiographia linguistica (John Benjamins), ainsi que les BGS (Münster) et Language & History (Londres).
  
 De manière générale, l’activité du laboratoire HTL s’organise autour de trois objectifs : De manière générale, l’activité du laboratoire HTL s’organise autour de trois objectifs :
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   * la constitution de matériaux de base (éditions critiques, dépouillements d’archives,​ bibliographie,​ etc.). Voir la liste des publications.   * la constitution de matériaux de base (éditions critiques, dépouillements d’archives,​ bibliographie,​ etc.). Voir la liste des publications.
  
-Des résultats significatifs ont été obtenus, tant au niveau des productions numériques [ CGL, CTLF, Grammatici Latini, DHTL, Libgloss…],​ que des publications papier. Quelques résultats majeurs de la période ​2007-2012 : +Des résultats significatifs ont été obtenus, tant au niveau des productions numériques [CGL, CTLF, Grammatici Latini, DHTL, Libgloss…],​ que des publications papier. Quelques résultats majeurs de la période 2012-2017 
-  ​* ​ + 
-  * Le Grand Corpus des grammaires françaisesdes remarques ​et des traités sur la langue XIV e-XVII e sièclessous la direction de Bernard ColombatJean-Marie Fournier ​et Wendy Ayres-Bennetta demandé plus de 10 ans de travail ​et est aujourd’hui diffusé par les éditions Garnier numériqueIl réunit en une seule base de données ​le Corpus ​des grammaires françaises de la Renaissancele Corpus ​des grammaires françaises du XVII e siècle ​et le Corpus ​des remarques ​sur la langue française ​(XVII e siècle), c’est-à-dire la quasi-totalité ​des grammaires françaises ​du XIV e au XVII e siècle. Pour leur exploration systématiqueles trois ressources constitutives du Grand Corpus mettent à la disposition des enseignantsdes chercheurs et des étudiants de très nombreux outils de recherche : recherche en plein textethesaurus d’auteurs ​(5 catégorieset de titres d’œuvres ​(3 catégories), thesaurus dexemples et de citationsIl s’agit d’un résultat majeur qui combine ​l’exigence scientifique et la facilité dexploitation des textes. Sagissant d’un partenariat public/​privé,​ les pilotes ​du projet ne sont pas autorisés à octroyer une diffusion aussi large que possible de cet outilIls ont pu cependant faire bénéficier les bibliothèques des tutelles universitaires des droits dutilisation gratuits. + 
-  * L’exemple ​dans les grammaires est représentatif de la façon dont s’organise le travail des spécialistes de langues différentesUn sujet d’intérêt communici l’exemple– il y en dans toutes les grammairestous les dictionnairesquelles que soit la langue ​et la période concernée – est proposé pour un travail comparatifcontrastif. Le groupe se forme ainsipar intérêt pour le sujetChacun travaille ensuite sur le corpus des descriptions ​de sa langue ​de spécialité. Des réunions régulières permettent d’échanger, de faire le point, de constater ​les différences, les points ​de convergenceAu bout du compte, la progression s’est faite de plusieurs façons : on a une idée bien plus précise ​et étayée ​de la façon dont l’exemple nourrit ​la description dune langue (on peut dès lors proposer cette thématique ​à réflexion aux collègues historiens des sciencesaux mathématiciens). Le sujet devient un thème de réflexion pluridisciplinaire. +A) Cinq publications majeures 
-  * Lédition de la première traduction française annotée du De vulgari eloquentia de Dante. Ce travail a renouvelé ​l’approche ​des idées linguistiques ​de Dantedans une double perspective : 1) Dante a été lu comme un auteur écrivant en 1304, dans le contexte ​des idées linguistiquesphilosophiquesthéologiques de son époque, ce qui était indispensable pour comprendre les développements sur le langage ​des anges ou des animauxtout autant que sur Adam et Babel ; 2) une hypothèse novatrice, et maintenant acceptée par les spécialistes italiensa été avancéeavec une lecture à la fois politiqueéthique et linguistique du De vulgari eloquentiaqui insiste sur le chapitre XVI du traité ​et la reductio ad unum le « vulgaire illustre » constitue ​l’une des variétés du genre des parlers vulgairescelle qui doit être pour eux « règle et mesure », celle en même temps qui a déjà été utilisée par les meilleurs ​des poètes ​dans les cités italiennes et qui devra être parlée à la future cour des Italiens+ 
-  * L’édition ​critique électronique du Liber Glossarum, ​« Livre de gloses »glossaire alphabétique géant élaboré aux débuts ​de l’ère carolingienneLouvrage consiste en une suite de gloses (explications ​de mots)mises en ordre alphabétiquetraitant au total de plus de 25000 mots latins, en plus de 55000 noticesIl en subsiste une dizaine ​de manuscritsFaute d’une édition complètece glossaire demeure sous-exploitéUne équipe européennecoordonnée par un chercheur du laboratoireAnne Grondeuxa entrepris d’en procurer l’édition critique intégrale ; ce projet a été admis en 2010 parmi les projets financés par le European Research Councilpour la période 2011-2016+1. S. Archaimbault,​ J.-M. Fournier ​et V. Raby (éds.), //Penser l'​histoire ​des savoirs linguistiques. Hommage à Sylvain Auroux//LyonENS éditions, 2014, coll.: Langages (716 p.) 
-  * La question de l’origine des langues, essai de Sylvain Auroux publié dans une collection exigeante mais accessible à un public large, illustre bien une mission essentielle du laboratoire : une question d’actualité, qui donne lieu le plus souvent ​à des commentaires médiatiques en quête ​de sensationnelfait ici l’objet d’une étude épistémologique circonstanciée, d’une ​remise en perspective ​historique et d’une évaluation sans complaisance du renouveau des recherches actuelles, qui font justement ​l’impasse sur les antécédents historiques dans le traitement ​de la question. L'​argumentation s'​appuie sur une analyse du fonctionnement ​de la science moderne qui constitue ​la seconde partie de l'​ouvrageL'​historicité des sciences ​+ 
-  * Les deux numéros ​de la revue HistoireEpistémologieLangageHistoire ​des idées linguistiques ​et horizons ​de rétrospection ​(2006 et 2011viennent clore un programme ​de recherche transversal éponymeC'est de la pratique même de l'histoire des idées linguistiques qu'​est ​née l'idée d'interroger les textes des grammairiens et linguistes sur la manière dont ils appréhendent ou n'appréhendent pas la dimension historique des théoriesdescriptions/​explications des phénomènes linguistiques qu'ils étudient. L'idée directrice était celle d'​une ​métahistoriographie pratique : quels ont été les usages ​de l'histoire ​des idées linguistiques dans l'histoire des idées linguistiques ? Dans quelle mesure ces histoires sont-elles fiables pour l'​historien d'​aujourd'​hui ? Lenquête a été menée sur des traditions linguistique très diverses, ainsi que sur des mythologies de sociétés orales.+Réunies en hommage à Sylvain Auroux, philosophe ​et historien des sciences du langageles 50 contributions ​de ce volume émanent ​de spécialistes de langues diverses ​et/ou de périodes historiques différentesElles illustrent chacune un pan du travail ​de l’historien des sciences du langage en mobilisant ​le très riche appareil conceptuel qu'il a élaboré : décrire ​des théoriesétudier les circonstances d’apparition ​des disciplines consacrées au langage ​et aux langues, retracer ​des évolutions,​ mesurer l’impact de ces réflexions ​sur le développement culturel et humain. 
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 +2. B. Colombat et A. Lahaussois ​(dir.), //​Histoire ​des parties ​du discours//LeuvenPeetersOrbis/​Supplementa,​ à paraître ​(env. 800 p.) 
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 +Les travaux menés depuis ​de nombreuses années dans le cadre du DHTL (cf. 2, Programme transversal 1 CTLF-DHTLont abouti à lélaboration ​de ce livreComposé de 15 chapitres, cet ouvrage est consacré à l’histoire des classes de mots dans la tradition occidentale depuis lantiquité grecque jusquau début ​du XXe s., en passant par lantiquité et le Moyen-Âge latinY sont examinées également les parties du discours ​dans la tradition arabe et la tradition sanskriteLe livre vise à renouveler la vision de ces conceptsapparemment familiers, mais dont l’élaboration est en fait très complexe, en la plaçant ​dans la 
 +perspective de l’histoire longue. 
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 +3. É. Aussant (ed.)//La traduction dans l’histoire des idées linguistiquesreprésentations ​et pratiques//,​ Paris, Geuthner, 2015 (276 p.) 
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 +Ce volume, issu d'un programme de recherche collectif mené sur quatre ansrassemble 12 contributions. Le "​traduire"​ y est abordé dans une approche à la fois épistémologique et transculturelledouble perspective très peu exploitée jusqu'​alorsLa spécificité ​de l'​appréhension du "​traduire"​ par les théoriciens du langage, peu étudiée elle aussi, y est analysée ​de manière approfondieà travers des études ​de cas variées. 
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 +4. F. CinatoL’//ars grammatica// ​de Priscien vue à travers ​les gloses carolingiennesTurnhout, Brepols, 2015 (753 p.) 
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 +Ce volume constitue la première monographie consacrée à l’étude des gloses portées par les plus anciens manuscrits ​de la grammaire de PriscienLa plupart ​du matériel publié au fil des pages est inédit. Synthèse ​et « état de la question » touchant à la réception carolingienne de Priscien, le volume sattache ​à dégager les étapes de sa réception dans les monastèresdabord sous l’angle des livres qui la transmettent,​ puis de celui des maîtres qui les ont utilisésdévoilant ainsi le contexte ​pédagogique et le milieu culturel. A cet effetles gloses, qui constituent ​des témoignages fondamentauxfont l’objet d’une triple enquête : 
 +typologiquetextuelle ​et historique. 
 +5. N. Riemer (ed.)The Routledge handbook of semantics, Abingdon, Routledge2016 (534 p.) 
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 +L’ouvrage,​ consistant en une trentaine de chapitres rédigés par une équipe internationale,​ dresse le bilan de la recherche sémantique contemporaineabordée à partir d’une perspective non seulement descriptivemais également épistémologique et historique. Les divers courants disciplinaires sont représentés à titre égal dans deux buts principaux : dépasser ​le clivage formel/​cognitif-fonctionnel ​et permettre aux chercheurs d’accéder à une synthèse critique des recherches sur la signification,​ éclairées par les apports les plus actuels des disciplines connexes. 
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 +B) Six documents majeurs 
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 +1. //Corpus des Textes Linguistiques Fondamentaux//​ (Resp. B. Colombat) 
 +Le CTLF (http://​ctlf.ens-lyon.fr/​default.htm) est un portail encyclopédique conçu pour donner ​l’accès aux grands ouvrages de la linguistique depuis ses origines. Il est en constante évolution. Il se compose de 5 sites : (1) des notices descriptives (702 notices) ; (2) une bibliographie spécialisée (4237 références) ; (3) des textes en mode image (170 ouvrages) ; (4) des textes en mode texte (765 textes représentant 65 483 p.) ; (5) un ensemble d’articles traitant du domaine. Il est associé à un site connexeFrantext-CTLF (http://​www.frantext.fr/​ctlf/​) ​qui permet de faire des recherches combinées ​dans l’ensemble de ces textes. La base est largement exploitée dans le monde entier (cf. les statistiques fournies par Google Analytics) par ceux qui s’intéressent au développement ​des théories linguistiques
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 +2. Édition ​critique électronique du //Liber Glossarum// (http://​liber-glossarum.huma-num.fr/​index.html)ERC LibGloss (Resp. A. Grondeux) 
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 +Le projet LibGloss (ERC StG 263577)piloté par A. Grondeux, avec la collaboration ​de FCinato, sest déroulé ​de 2011 à 2016. Le financement ERC a permis ​de mettre en place une équipe qui, en cinq ansa produit une édition électronique du Liber glossarum et de ses 56.000 entréesqui est aujourd’hui accessible ​en ligne sur le site http://​liber-glossarum.huma-num.fr/​. 
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 +3. //Les Notae Dunelmenses (Durham C.IV.29). Priscien lu par Guillaume ​de Champeaux et son école//, AGrondeuxI. Rosier-Catach (eds.)TurnhoutBrepols2017 (2 vols1200 p.) 
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 +Ces deux volumes sont l’aboutissement ​de près de dix ans de recherches, qui ont donné matière ​à de nombreux articles et communicationsen France et à l’étranger. Le second donne l’édition critique ​d’un ensemble de notes sur Prisciendont plusieurs sont attribuables à Guillaume de Champeaux. Guillaume est le premier maître des écoles parisiennes et le « précepteur » d’Abélard, connu jusque-là presque uniquement par des mentions secondaires et indirectes. Le premier volume est une introduction ​historique et doctrinale, qui vise à reconstruire son enseignement,​ son école, à identifier ses disciples. Ce travail montre ​l’importance de cet enseignement,​ non seulement pour comprendre ​les théories logicolinguistiques d’Abélard,​ mais aussi pour l’histoire ​de la sémantique en général, à partir ​de l’étude de thèmes essentiels (la prédication,​ le verbe être, les syncatégorèmes, ​la distinction entre signification et référence, ​l’adjectif et la paronymie). 
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 +4. MaugerClaude (1688) //Grammaire française / French Grammar//, édcritique par V. Raby, Garnier, 2014 (651 p.) 
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 +Ce manuel ​de français à destination des Anglais a connu une diffusion remarquable en Angleterre, en France et aux Pays-Bas entre 1653 et la fin du XVIIIe s. Trilingue (latinfrançaisanglais)il participe à l’extension du modèle grammatical latin par la confrontation ​des langues. Cette édition inaugure la collection « Descriptions ​et théories ​de la langue française ». 
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 +5. Site TUL Quest (Resp. A. Lahaussois) 
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 +Élaboré avec le soutien ​de la FR Typologie et Universaux Linguistiques,​ ce site (http://​tulquest.humanum.fr/ ) est une archive ​de questionnaires typologiques rassemblés dans l'optique d'une analyse épistémologique de ces outils descriptifs,​ inexistante à ce jour. Le site est ouvert avec deux accès possibles : l'un permettant à des utilisateurs externes ​d'enrichir ​la base par l'ajout de questionnaires (avec métadonnées et documents associés)l'autre de consulter l'archive à partir ​d'​une ​taxonomie détaillée des outils qui s'y trouvent. 
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 +6. //​Modélisations et sciences humaines. Figurer, interpréter,​ simuler//, C. Blanckaert, J. Léon et D. Samain (dir.), Paris, L’Harmattan,​ 2016 (468 p.) 
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 +Cet ouvrage rassemble une sélection de communications au colloque SHESL-HTL organisé en 2014, en collaboration avec le Centre Koyré. Son originalité est de proposer une réflexion à la fois historique et épistémologique sur les modèles et la modélisation dans un éventail délibérément large, mais documenté, des sciences du langage et des sciences ​de l’homme (linguistique, ​histoire ​de la grammaire, philosophie du langage, mais aussi géographie,​ psychologie,​ économie, histoire de l’art, etc.). En ouvrant un espace commun pour ces disciplines,​ il ne se limite pas à suivre leurs interactions éventuelles (transferts,​ similitudes,​ etc.), mais initie simultanément une interaction entre l’histoire des sciences du langage et 
 +l’histoire ​des sciences humaines et sociales. 
 + 
  
 3) **Les principes et méthodes du laboratoire** 3) **Les principes et méthodes du laboratoire**
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 - On considère que l’histoire des idées linguistiques repose sur le postulat d’une commensurabilité des représentations du langage et des langues dans le temps et l’espace, qu’il s’agisse de descriptions empiriques, de grammaires prescriptives ou de théorisations plus « spéculatives ». - On considère que l’histoire des idées linguistiques repose sur le postulat d’une commensurabilité des représentations du langage et des langues dans le temps et l’espace, qu’il s’agisse de descriptions empiriques, de grammaires prescriptives ou de théorisations plus « spéculatives ».
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 - C’est cette commensurabilité (à construire à partir d’une expertise spéciale) qui doit permettre d’évaluer au plus juste constantes et changements,​ traditions et événements,​ ruptures et continuités quelles que soient les périodes étudiées (de l’Antiquité à la modernité la plus contemporaine),​ et quel que soit le degré de proximité ou d’éloignement relatif (géographique et culturel) des traditions considérées. - C’est cette commensurabilité (à construire à partir d’une expertise spéciale) qui doit permettre d’évaluer au plus juste constantes et changements,​ traditions et événements,​ ruptures et continuités quelles que soient les périodes étudiées (de l’Antiquité à la modernité la plus contemporaine),​ et quel que soit le degré de proximité ou d’éloignement relatif (géographique et culturel) des traditions considérées.
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 - Il en découle une conception exigeante de la temporalité historique : le passé n’est pas l’histoire,​ le temps n’est pas un simple « milieu », les « régimes d’historicité » des idées linguistiques sont des constructions (toutes ne se valent pas) qui doivent être mises et remises à l’épreuve. - Il en découle une conception exigeante de la temporalité historique : le passé n’est pas l’histoire,​ le temps n’est pas un simple « milieu », les « régimes d’historicité » des idées linguistiques sont des constructions (toutes ne se valent pas) qui doivent être mises et remises à l’épreuve.
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 - Dans ce cadre, l’érudition apparait comme une condition absolument nécessaire mais jamais suffisante de l’activité de l’historien. De nombreux domaines de l’histoire des représentations du langage et des langues demandent encore à être systématiquement documentés,​ et de manière fiable. L’enquête philologique la mieux éprouvée, la constitution de corpora selon les techniques les plus modernes sont donc indispensables. Mais ce qui leur donne du sens, c’est la visée épistémologique. Ce qui revient à dire que les méthodes de l’équipe s’inscrivent librement dans la tradition de l’épistémologie historique, de l’histoire des sciences. - Dans ce cadre, l’érudition apparait comme une condition absolument nécessaire mais jamais suffisante de l’activité de l’historien. De nombreux domaines de l’histoire des représentations du langage et des langues demandent encore à être systématiquement documentés,​ et de manière fiable. L’enquête philologique la mieux éprouvée, la constitution de corpora selon les techniques les plus modernes sont donc indispensables. Mais ce qui leur donne du sens, c’est la visée épistémologique. Ce qui revient à dire que les méthodes de l’équipe s’inscrivent librement dans la tradition de l’épistémologie historique, de l’histoire des sciences.
-    L’histoire des idées linguistiques ne constitue donc pas un « cabinet de curiosité » ou un magasin d’antiquités recueillant pour les exhiber des faits pittoresques,​ mais définitivement périmés. Nous pensons que l’activité historienne assume une responsabilité et une finalité globales vis-à-vis des sciences du langage « en train de se faire » : leur assurer une connaissance historique qu’on ne rencontre jusqu’à présent que dans les sciences de la nature et les disciplines formelles, lesquelles bénéficient des retombées de cette situation, tant pour leur reconnaissance que pour leur gestion, leur réflexion épistémologique,​ leur didactique et la formation des chercheurs. 
-    Enfin, on pourrait fort bien concevoir que l'​édition d'un traité d'un grammairien grec soit le fait d'une équipe de philologues qui travaillent également sur les tragiques, que les rapports entre grammaire et théologie au Moyen-Âge soient étudiés par une équipe de philosophes,​ que l'​étude des rapports entre les conceptions de la langue et de la nation soit menée par des historiens des idées, que des linguistes travaillant sur tel ou tel sujet investissent une partie de leur temps pour constituer une information historique, etc. Mais un effort éclaté serait probablement moins intéressant que le cadre d'​unité et de coordination que le laboratoire s’efforce de favoriser constamment dans une perspective de dialogue régulier avec les autres disciplines. C’est ce cadre qui, selon les membres de l’équipe,​ doit permettre de faire exister véritablement un domaine (ses concepts et ses pratiques) propre aux sciences du langage dans la durée de l'​histoire. 
  
 +L’histoire des idées linguistiques ne constitue donc pas un « cabinet de curiosité » ou un magasin d’antiquités recueillant pour les exhiber des faits pittoresques,​ mais définitivement périmés. Nous pensons que l’activité historienne assume une responsabilité et une finalité globales vis-à-vis des sciences du langage «en train de se faire» : leur assurer une connaissance historique qu’on ne rencontre jusqu’à présent que dans les sciences de la nature et les disciplines formelles, lesquelles bénéficient des retombées de cette situation, tant pour leur reconnaissance que pour leur gestion, leur réflexion épistémologique,​ leur didactique et la formation des chercheurs.
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 +Enfin, on pourrait fort bien concevoir que l'​édition d'un traité d'un grammairien grec soit le fait d'une équipe de philologues qui travaillent également sur les tragiques, que les rapports entre grammaire et théologie au Moyen-Âge soient étudiés par une équipe de philosophes,​ que l'​étude des rapports entre les conceptions de la langue et de la nation soit menée par des historiens des idées, que des linguistes travaillant sur tel ou tel sujet investissent une partie de leur temps pour constituer une information historique, etc. Mais un effort éclaté serait probablement moins intéressant que le cadre d'​unité et de coordination que le laboratoire s’efforce de favoriser constamment dans une perspective de dialogue régulier avec les autres disciplines. C’est ce cadre qui, selon les membres de l’équipe,​ doit permettre de faire exister véritablement un domaine (ses concepts et ses pratiques) propre aux sciences du langage dans la durée de l'​histoire.
laboratoire/presentation.1443026956.txt.gz · Dernière modification: 2015/09/23 16:49 par lazcano