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=====Présentation===== | =====Présentation===== | ||
- | Laboratoire dirigé par Emilie Aussant et Christian Puech | + | **[[laboratoire:presentation|Français]] | [[laboratoire:presentation-en|English]]** |
- | Le laboratoire d’Histoire des Théories Linguistiques a été créé en 1984 (URA 381 du CNRS, directeur : J.-C. Chevalier) ; il a été renouvelé en 1988 (directeur : J.-C. Chevalier) et en 1992 (directeur : S. Auroux), puis a été transformé en UMR (Unité Mixte de Recherche 7597, CNRS/Université Paris VII/ENS Lettres et Sciences Humaines, Lyon) en 1997. Ses tutelles actuelles sont le CNRS, l’Université Paris Diderot et l’Université de la Sorbonne Nouvelle (depuis 2009). La direction du laboratoire est assurée par Émilie Aussant (CR CNRS, directrice depuis janvier 2014, succédant à Sylvie Archaimbault) et Christian Puech (PU Univ. de la Sorbonne Nouvelle, directeur adjoint). | + | Le laboratoire d’histoire des théories linguistiques a été créé en 1984 (URA 381 du CNRS, dir. : J.-C. Chevalier) ; il a été renouvelé en 1988 (dir. : J.-C. Chevalier) et en 1992 (dir. : S. Auroux), puis a été transformé en UMR (Unité Mixte de Recherche 7597, CNRS/Université Paris VII/ENS Lettres et Sciences Humaines, Lyon) en 1997. Ses tutelles actuelles sont le CNRS, l’Université Paris Diderot et l’Université de la Sorbonne Nouvelle (depuis 2009). La direction du laboratoire est assurée par Anne Grondeux (DR CNRS, directrice depuis janvier 2019, succédant à Emilie Aussant) et Jean-Marie Fournier (PU Univ. de la Sorbonne Nouvelle, directeur adjoint). |
- | Le laboratoire relève de la section 34 du CNRS. Il participe aux actions fédératives de recherche suivantes : la Fédération de recherche Typologie et Universaux Linguistiques (TUL) du CNRS ; l’Infrastructure de recherche CORPUS du MESR (Consortium Corpus Écrits) ; l’Institut des Humanités de Paris et son Centre d’Études de la Traduction ; le Labex Empirical Foundations of Linguistics (EFL). | ||
1) **Les objectifs du laboratoire** | 1) **Les objectifs du laboratoire** | ||
- | Le laboratoire est le lieu d’élaboration et de diffusion des recherches sur l’histoire des conceptions du langage et des langues. Il couvre de nombreuses aires culturelles et rassemble principalement des linguistes, spécialistes de langues variées ( allemand, anglais, arabe, espagnol, français, grec, hébreu, italien, islandais, khaling rai, koyi rai, langues slaves, latin, mayalam, persan, portugais du Brésil, sanskrit, tagalog, tamoul, thulung rai), ainsi que des historiens et des philosophes. | + | Le laboratoire est le lieu d’élaboration et de diffusion des recherches sur l’histoire des conceptions du langage et des langues. Il couvre de nombreuses aires culturelles et rassemble principalement des linguistes, spécialistes de langues variées ( allemand, anglais, arabe, espagnol, français, grec, hébreu, italien, islandais, khaling rai, koyi rai, langues slaves, latin, malayalam, persan, portugais du Brésil, sanskrit, syriaque, tagalog, tamoul, thulung rai), ainsi que des historiens et des philosophes. |
- | Au plan international, le laboratoire est au cœur d’un dispositif qu’il a contribué à créer et qu’il s’attache à faire vivre et prospérer. Ses principales coopérations sont menées avec l’Allemagne (Univ. de Potsdam), l’Australie (Univ. de Sydney), le Brésil (Univ. de Sao Paulo, de Campinas, Univ. Mac Kenzie), l’Espagne (Univ. de Salamanque, de Barcelone), les États-Unis (Univ. d’Illinois à Urbana Champaign), l’Inde (EFEO, IIT Bombay, IIT Kanpur), l’Italie (Univ. La Sapienza, Univ. de Brescia, de Salerne, de Cosenza, de Palerme, la Scuola Normale de Pise), le Royaume Uni (Univ. de Cambridge, d’Oxford, de Sheffield), la Russie (Académie des Sciences, Univ. de Moscou, Univ. de Saint-Pétersbourg), la Slovénie (Univ. de Novy Sad), l’Ukraine (Univ. de Kharkiv). La revue HEL est l’une des quatre principales revues mondiales dans le domaine avec Historiographia linguistica (John Benjamins), ainsi que les BGS (Münster) et Language & History (Londres). | + | Au plan international, le laboratoire est au cœur d’un dispositif qu’il a contribué à créer et qu’il s’attache à faire vivre et prospérer. Ses principales coopérations sont menées avec l’Allemagne (Centre for the Study of Manuscript Cultures d'Hambourg, Université de Potsdam), l’Australie (Univ. de Sydney), le Brésil (Univ. de Sao Paulo, de Campinas, Univ. Mac Kenzie), l’Espagne (Univ. de Salamanque, de Barcelone), les États-Unis (Univ. d’Illinois à Urbana Champaign), l’Inde (EFEO, Institut Français de Pondichéry, IIT Bombay), l’Italie (Univ. La Sapienza, Univ. de Brescia, de Salerne, de Cosenza, de Palerme, la Scuola Normale de Pise), le Royaume Uni (Univ. de Cambridge, d’Oxford, de Sheffield), la Russie (Académie des Sciences, Univ. de Moscou, Univ. de Saint-Pétersbourg), la Slovénie (Univ. de Novy Sad), l’Ukraine (Univ. de Kharkiv). La revue HEL est l’une des quatre principales revues mondiales dans le domaine avec Historiographia linguistica (John Benjamins), ainsi que les BGS (Münster) et Language & History (Londres). |
De manière générale, l’activité du laboratoire HTL s’organise autour de trois objectifs : | De manière générale, l’activité du laboratoire HTL s’organise autour de trois objectifs : | ||
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* la constitution de matériaux de base (éditions critiques, dépouillements d’archives, bibliographie, etc.). Voir la liste des publications. | * la constitution de matériaux de base (éditions critiques, dépouillements d’archives, bibliographie, etc.). Voir la liste des publications. | ||
- | Des résultats significatifs ont été obtenus, tant au niveau des productions numériques [ CGL, CTLF, Grammatici Latini, DHTL, Libgloss…], que des publications papier. Quelques résultats majeurs de la période 2007-2012 : | + | Des résultats significatifs ont été obtenus, tant au niveau des productions numériques [CGL, CTLF, Grammatici Latini, DHTL, Libgloss…], que des publications papier. Quelques résultats majeurs de la période 2012-2017 : |
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- | * Le Grand Corpus des grammaires françaisesdes remarques et des traités sur la langue XIV e-XVII e siècles, sous la direction de Bernard Colombat, Jean-Marie Fournier et Wendy Ayres-Bennett, a demandé plus de 10 ans de travail et est aujourd’hui diffusé par les éditions Garnier numérique. Il réunit en une seule base de données le Corpus des grammaires françaises de la Renaissance, le Corpus des grammaires françaises du XVII e siècle et le Corpus des remarques sur la langue française (XVII e siècle), c’est-à-dire la quasi-totalité des grammaires françaises du XIV e au XVII e siècle. Pour leur exploration systématique, les trois ressources constitutives du Grand Corpus mettent à la disposition des enseignants, des chercheurs et des étudiants de très nombreux outils de recherche : recherche en plein texte, thesaurus d’auteurs (5 catégories) et de titres d’œuvres (3 catégories), thesaurus d’exemples et de citations. Il s’agit d’un résultat majeur qui combine l’exigence scientifique et la facilité d’exploitation des textes. S’agissant d’un partenariat public/privé, les pilotes du projet ne sont pas autorisés à octroyer une diffusion aussi large que possible de cet outil. Ils ont pu cependant faire bénéficier les bibliothèques des tutelles universitaires des droits d’utilisation gratuits. | + | |
- | * L’exemple dans les grammaires est représentatif de la façon dont s’organise le travail des spécialistes de langues différentes. Un sujet d’intérêt commun, ici l’exemple, – il y en a dans toutes les grammaires, tous les dictionnaires, quelles que soit la langue et la période concernée – est proposé pour un travail comparatif, contrastif. Le groupe se forme ainsi, par intérêt pour le sujet. Chacun travaille ensuite sur le corpus des descriptions de sa langue de spécialité. Des réunions régulières permettent d’échanger, de faire le point, de constater les différences, les points de convergence. Au bout du compte, la progression s’est faite de plusieurs façons : on a une idée bien plus précise et étayée de la façon dont l’exemple nourrit la description d’une langue (on peut dès lors proposer cette thématique à réflexion aux collègues historiens des sciences, aux mathématiciens). Le sujet devient un thème de réflexion pluridisciplinaire. | + | A) Cinq publications majeures |
- | * L’édition de la première traduction française annotée du De vulgari eloquentia de Dante. Ce travail a renouvelé l’approche des idées linguistiques de Dante, dans une double perspective : 1) Dante a été lu comme un auteur écrivant en 1304, dans le contexte des idées linguistiques, philosophiques, théologiques de son époque, ce qui était indispensable pour comprendre les développements sur le langage des anges ou des animaux, tout autant que sur Adam et Babel ; 2) une hypothèse novatrice, et maintenant acceptée par les spécialistes italiens, a été avancée, avec une lecture à la fois politique, éthique et linguistique du De vulgari eloquentia, qui insiste sur le chapitre XVI du traité et la reductio ad unum : le « vulgaire illustre » constitue l’une des variétés du genre des parlers vulgaires, celle qui doit être pour eux « règle et mesure », celle en même temps qui a déjà été utilisée par les meilleurs des poètes dans les cités italiennes et qui devra être parlée à la future cour des Italiens. | + | |
- | * L’édition critique électronique du Liber Glossarum, « Livre de gloses », glossaire alphabétique géant élaboré aux débuts de l’ère carolingienne. L’ouvrage consiste en une suite de gloses (explications de mots), mises en ordre alphabétique, traitant au total de plus de 25000 mots latins, en plus de 55000 notices. Il en subsiste une dizaine de manuscrits. Faute d’une édition complète, ce glossaire demeure sous-exploité. Une équipe européenne, coordonnée par un chercheur du laboratoire, Anne Grondeux, a entrepris d’en procurer l’édition critique intégrale ; ce projet a été admis en 2010 parmi les projets financés par le European Research Council, pour la période 2011-2016. | + | 1. S. Archaimbault, J.-M. Fournier et V. Raby (éds.), //Penser l'histoire des savoirs linguistiques. Hommage à Sylvain Auroux//, Lyon, ENS éditions, 2014, coll.: Langages (716 p.) |
- | * La question de l’origine des langues, essai de Sylvain Auroux publié dans une collection exigeante mais accessible à un public large, illustre bien une mission essentielle du laboratoire : une question d’actualité, qui donne lieu le plus souvent à des commentaires médiatiques en quête de sensationnel, fait ici l’objet d’une étude épistémologique circonstanciée, d’une remise en perspective historique et d’une évaluation sans complaisance du renouveau des recherches actuelles, qui font justement l’impasse sur les antécédents historiques dans le traitement de la question. L'argumentation s'appuie sur une analyse du fonctionnement de la science moderne qui constitue la seconde partie de l'ouvrage, L'historicité des sciences . | + | |
- | * Les deux numéros de la revue Histoire, Epistémologie, Langage, Histoire des idées linguistiques et horizons de rétrospection (2006 et 2011) viennent clore un programme de recherche transversal éponyme. C'est de la pratique même de l'histoire des idées linguistiques qu'est née l'idée d'interroger les textes des grammairiens et linguistes sur la manière dont ils appréhendent ou n'appréhendent pas la dimension historique des théories, descriptions/explications des phénomènes linguistiques qu'ils étudient. L'idée directrice était celle d'une métahistoriographie pratique : quels ont été les usages de l'histoire des idées linguistiques dans l'histoire des idées linguistiques ? Dans quelle mesure ces histoires sont-elles fiables pour l'historien d'aujourd'hui ? L’enquête a été menée sur des traditions linguistique très diverses, ainsi que sur des mythologies de sociétés orales. | + | Réunies en hommage à Sylvain Auroux, philosophe et historien des sciences du langage, les 50 contributions de ce volume émanent de spécialistes de langues diverses et/ou de périodes historiques différentes. Elles illustrent chacune un pan du travail de l’historien des sciences du langage en mobilisant le très riche appareil conceptuel qu'il a élaboré : décrire des théories, étudier les circonstances d’apparition des disciplines consacrées au langage et aux langues, retracer des évolutions, mesurer l’impact de ces réflexions sur le développement culturel et humain. |
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+ | 2. B. Colombat et A. Lahaussois (dir.), //Histoire des parties du discours//, Leuven, Peeters, Orbis/Supplementa, à paraître (env. 800 p.) | ||
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+ | Les travaux menés depuis de nombreuses années dans le cadre du DHTL (cf. 2, Programme transversal 1 CTLF-DHTL) ont abouti à l’élaboration de ce livre. Composé de 15 chapitres, cet ouvrage est consacré à l’histoire des classes de mots dans la tradition occidentale depuis l’antiquité grecque jusqu’au début du XXe s., en passant par l’antiquité et le Moyen-Âge latin. Y sont examinées également les parties du discours dans la tradition arabe et la tradition sanskrite. Le livre vise à renouveler la vision de ces concepts, apparemment familiers, mais dont l’élaboration est en fait très complexe, en la plaçant dans la | ||
+ | perspective de l’histoire longue. | ||
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+ | 3. É. Aussant (ed.), //La traduction dans l’histoire des idées linguistiques, représentations et pratiques//, Paris, Geuthner, 2015 (276 p.) | ||
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+ | Ce volume, issu d'un programme de recherche collectif mené sur quatre ans, rassemble 12 contributions. Le "traduire" y est abordé dans une approche à la fois épistémologique et transculturelle, double perspective très peu exploitée jusqu'alors. La spécificité de l'appréhension du "traduire" par les théoriciens du langage, peu étudiée elle aussi, y est analysée de manière approfondie, à travers des études de cas variées. | ||
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+ | 4. F. Cinato, L’//ars grammatica// de Priscien vue à travers les gloses carolingiennes, Turnhout, Brepols, 2015 (753 p.) | ||
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+ | Ce volume constitue la première monographie consacrée à l’étude des gloses portées par les plus anciens manuscrits de la grammaire de Priscien. La plupart du matériel publié au fil des pages est inédit. Synthèse et « état de la question » touchant à la réception carolingienne de Priscien, le volume s’attache à dégager les étapes de sa réception dans les monastères, d’abord sous l’angle des livres qui la transmettent, puis de celui des maîtres qui les ont utilisés, dévoilant ainsi le contexte pédagogique et le milieu culturel. A cet effet, les gloses, qui constituent des témoignages fondamentaux, font l’objet d’une triple enquête : | ||
+ | typologique, textuelle et historique. | ||
+ | 5. N. Riemer (ed.), The Routledge handbook of semantics, Abingdon, Routledge, 2016 (534 p.) | ||
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+ | L’ouvrage, consistant en une trentaine de chapitres rédigés par une équipe internationale, dresse le bilan de la recherche sémantique contemporaine, abordée à partir d’une perspective non seulement descriptive, mais également épistémologique et historique. Les divers courants disciplinaires sont représentés à titre égal dans deux buts principaux : dépasser le clivage formel/cognitif-fonctionnel et permettre aux chercheurs d’accéder à une synthèse critique des recherches sur la signification, éclairées par les apports les plus actuels des disciplines connexes. | ||
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+ | B) Six documents majeurs | ||
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+ | 1. //Corpus des Textes Linguistiques Fondamentaux// (Resp. B. Colombat) | ||
+ | Le CTLF (http://ctlf.ens-lyon.fr/default.htm) est un portail encyclopédique conçu pour donner l’accès aux grands ouvrages de la linguistique depuis ses origines. Il est en constante évolution. Il se compose de 5 sites : (1) des notices descriptives (702 notices) ; (2) une bibliographie spécialisée (4237 références) ; (3) des textes en mode image (170 ouvrages) ; (4) des textes en mode texte (765 textes représentant 65 483 p.) ; (5) un ensemble d’articles traitant du domaine. Il est associé à un site connexe, Frantext-CTLF (http://www.frantext.fr/ctlf/) qui permet de faire des recherches combinées dans l’ensemble de ces textes. La base est largement exploitée dans le monde entier (cf. les statistiques fournies par Google Analytics) par ceux qui s’intéressent au développement des théories linguistiques. | ||
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+ | 2. Édition critique électronique du //Liber Glossarum// (http://liber-glossarum.huma-num.fr/index.html), ERC LibGloss (Resp. A. Grondeux) | ||
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+ | Le projet LibGloss (ERC StG 263577), piloté par A. Grondeux, avec la collaboration de F. Cinato, s’est déroulé de 2011 à 2016. Le financement ERC a permis de mettre en place une équipe qui, en cinq ans, a produit une édition électronique du Liber glossarum et de ses 56.000 entrées, qui est aujourd’hui accessible en ligne sur le site http://liber-glossarum.huma-num.fr/. | ||
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+ | 3. //Les Notae Dunelmenses (Durham C.IV.29). Priscien lu par Guillaume de Champeaux et son école//, A. Grondeux, I. Rosier-Catach (eds.), Turnhout, Brepols, 2017 (2 vols, 1200 p.) | ||
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+ | Ces deux volumes sont l’aboutissement de près de dix ans de recherches, qui ont donné matière à de nombreux articles et communications, en France et à l’étranger. Le second donne l’édition critique d’un ensemble de notes sur Priscien, dont plusieurs sont attribuables à Guillaume de Champeaux. Guillaume est le premier maître des écoles parisiennes et le « précepteur » d’Abélard, connu jusque-là presque uniquement par des mentions secondaires et indirectes. Le premier volume est une introduction historique et doctrinale, qui vise à reconstruire son enseignement, son école, à identifier ses disciples. Ce travail montre l’importance de cet enseignement, non seulement pour comprendre les théories logicolinguistiques d’Abélard, mais aussi pour l’histoire de la sémantique en général, à partir de l’étude de thèmes essentiels (la prédication, le verbe être, les syncatégorèmes, la distinction entre signification et référence, l’adjectif et la paronymie). | ||
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+ | 4. Mauger, Claude (1688) //Grammaire française / French Grammar//, éd. critique par V. Raby, Garnier, 2014 (651 p.) | ||
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+ | Ce manuel de français à destination des Anglais a connu une diffusion remarquable en Angleterre, en France et aux Pays-Bas entre 1653 et la fin du XVIIIe s. Trilingue (latin, français, anglais), il participe à l’extension du modèle grammatical latin par la confrontation des langues. Cette édition inaugure la collection « Descriptions et théories de la langue française ». | ||
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+ | 5. Site TUL Quest (Resp. A. Lahaussois) | ||
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+ | Élaboré avec le soutien de la FR Typologie et Universaux Linguistiques, ce site (http://tulquest.humanum.fr/ ) est une archive de questionnaires typologiques rassemblés dans l'optique d'une analyse épistémologique de ces outils descriptifs, inexistante à ce jour. Le site est ouvert avec deux accès possibles : l'un permettant à des utilisateurs externes d'enrichir la base par l'ajout de questionnaires (avec métadonnées et documents associés), l'autre de consulter l'archive à partir d'une taxonomie détaillée des outils qui s'y trouvent. | ||
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+ | 6. //Modélisations et sciences humaines. Figurer, interpréter, simuler//, C. Blanckaert, J. Léon et D. Samain (dir.), Paris, L’Harmattan, 2016 (468 p.) | ||
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+ | Cet ouvrage rassemble une sélection de communications au colloque SHESL-HTL organisé en 2014, en collaboration avec le Centre Koyré. Son originalité est de proposer une réflexion à la fois historique et épistémologique sur les modèles et la modélisation dans un éventail délibérément large, mais documenté, des sciences du langage et des sciences de l’homme (linguistique, histoire de la grammaire, philosophie du langage, mais aussi géographie, psychologie, économie, histoire de l’art, etc.). En ouvrant un espace commun pour ces disciplines, il ne se limite pas à suivre leurs interactions éventuelles (transferts, similitudes, etc.), mais initie simultanément une interaction entre l’histoire des sciences du langage et | ||
+ | l’histoire des sciences humaines et sociales. | ||
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3) **Les principes et méthodes du laboratoire** | 3) **Les principes et méthodes du laboratoire** | ||
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- Dans ce cadre, l’érudition apparait comme une condition absolument nécessaire mais jamais suffisante de l’activité de l’historien. De nombreux domaines de l’histoire des représentations du langage et des langues demandent encore à être systématiquement documentés, et de manière fiable. L’enquête philologique la mieux éprouvée, la constitution de corpora selon les techniques les plus modernes sont donc indispensables. Mais ce qui leur donne du sens, c’est la visée épistémologique. Ce qui revient à dire que les méthodes de l’équipe s’inscrivent librement dans la tradition de l’épistémologie historique, de l’histoire des sciences. | - Dans ce cadre, l’érudition apparait comme une condition absolument nécessaire mais jamais suffisante de l’activité de l’historien. De nombreux domaines de l’histoire des représentations du langage et des langues demandent encore à être systématiquement documentés, et de manière fiable. L’enquête philologique la mieux éprouvée, la constitution de corpora selon les techniques les plus modernes sont donc indispensables. Mais ce qui leur donne du sens, c’est la visée épistémologique. Ce qui revient à dire que les méthodes de l’équipe s’inscrivent librement dans la tradition de l’épistémologie historique, de l’histoire des sciences. | ||
- | L’histoire des idées linguistiques ne constitue donc pas un « cabinet de curiosité » ou un magasin d’antiquités recueillant pour les exhiber des faits pittoresques, mais définitivement périmés. Nous pensons que l’activité historienne assume une responsabilité et une finalité globales vis-à-vis des sciences du langage « en train de se faire » : leur assurer une connaissance historique qu’on ne rencontre jusqu’à présent que dans les sciences de la nature et les disciplines formelles, lesquelles bénéficient des retombées de cette situation, tant pour leur reconnaissance que pour leur gestion, leur réflexion épistémologique, leur didactique et la formation des chercheurs. | + | L’histoire des idées linguistiques ne constitue donc pas un « cabinet de curiosité » ou un magasin d’antiquités recueillant pour les exhiber des faits pittoresques, mais définitivement périmés. Nous pensons que l’activité historienne assume une responsabilité et une finalité globales vis-à-vis des sciences du langage «en train de se faire» : leur assurer une connaissance historique qu’on ne rencontre jusqu’à présent que dans les sciences de la nature et les disciplines formelles, lesquelles bénéficient des retombées de cette situation, tant pour leur reconnaissance que pour leur gestion, leur réflexion épistémologique, leur didactique et la formation des chercheurs. |
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Enfin, on pourrait fort bien concevoir que l'édition d'un traité d'un grammairien grec soit le fait d'une équipe de philologues qui travaillent également sur les tragiques, que les rapports entre grammaire et théologie au Moyen-Âge soient étudiés par une équipe de philosophes, que l'étude des rapports entre les conceptions de la langue et de la nation soit menée par des historiens des idées, que des linguistes travaillant sur tel ou tel sujet investissent une partie de leur temps pour constituer une information historique, etc. Mais un effort éclaté serait probablement moins intéressant que le cadre d'unité et de coordination que le laboratoire s’efforce de favoriser constamment dans une perspective de dialogue régulier avec les autres disciplines. C’est ce cadre qui, selon les membres de l’équipe, doit permettre de faire exister véritablement un domaine (ses concepts et ses pratiques) propre aux sciences du langage dans la durée de l'histoire. | Enfin, on pourrait fort bien concevoir que l'édition d'un traité d'un grammairien grec soit le fait d'une équipe de philologues qui travaillent également sur les tragiques, que les rapports entre grammaire et théologie au Moyen-Âge soient étudiés par une équipe de philosophes, que l'étude des rapports entre les conceptions de la langue et de la nation soit menée par des historiens des idées, que des linguistes travaillant sur tel ou tel sujet investissent une partie de leur temps pour constituer une information historique, etc. Mais un effort éclaté serait probablement moins intéressant que le cadre d'unité et de coordination que le laboratoire s’efforce de favoriser constamment dans une perspective de dialogue régulier avec les autres disciplines. C’est ce cadre qui, selon les membres de l’équipe, doit permettre de faire exister véritablement un domaine (ses concepts et ses pratiques) propre aux sciences du langage dans la durée de l'histoire. | ||
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